Août 22

Fukushima: Le dépistage des cancers de la thyroïde serait «déraisonnable».

C’est ainsi que l’université de Fukushima présente le dépistage des cancers de la thyroïde dans les écoles de Fukushima.

Voici la traduction d’un article de Yuri Hiranuma, ostéopathe, en réaction à un article d’un journal de Fukushima

Ce qu’il faudrait faire: «Respecter le souhait des enfants de ne pas participer à l’examen»

Le 15 Juin, 2016, «Fukushima Minyu», l’un des principaux journaux régionaux de la préfecture de Fukushima, a publié un article mettant en vedette Sanae Midorikawa , MD, Ph.D., une endocrinologue qui a visité les écoles de la préfecture de Fukushima pour informer les enfants sur les examens de la thyroïde auxquels ils participent. Midorikawa est également professeur associé dans la gestion de la santé des radiations à l’Université médicale de Fukushima et chargée de la communication avec les habitants.

L’article décrit comment Midorikawa est «accommodante» envers les enfants qui ne veulent pas participer à l’examen de la thyroïde: celui-ci pourrait conduire à un «diagnostic déraisonnable de cancer de la thyroïde». Le «caractère déraisonnable de ces examens» est apparemment fondé sur l’avis de l’Université médicale de Fukushima: pour elle les cas de cancer de la thyroïde trouvés au cours des 4 premières années après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ne sont pas dus aux effets des rayonnements, mais simplement le résultat du dépistage de masse.
En d’autres termes, ces diagnostics sont considérés comme «déraisonnables» parce que sans le dépistage de masse, ces cancers n’auraient peut-être été découverts que plus tard, lorsque des symptômes seraient apparus.

Il est vrai que le diagnostic du cancer peut provoquer angoisse mentale et stress. Quand cela arrive aux enfants, c’est encore pire puisque les enfants ne sont généralement pas atteints de cancer.

Cependant, il semble tout aussi déraisonnable que l’Université médicale de Fukushima déclare prématurément que le rayonnement n’a aucune responsabilité pour les cas de cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima; cette opinion n’est basée que sur les résultats de la première série de tests. En fait, la seconde série de tests juste terminée mais avec certains résultats encore en suspens, montre qu’il y a plus de cas de cancer de la thyroïde que ce qui serait explicable par «effet de dépistage». (Voir ce post pour les derniers résultats: http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/2016/06/fukushima-thyroid-examination-june-2016.html).

Bien qu’il soit important de tenir compte de l’anxiété et de la peur ressentie par les enfants (et leurs proches) qui participent à l’examen, les enfants et leurs familles ont le droit de recevoir une information impartiale et réaliste en ce qui concerne les risques radiologiques.

Oui, leurs doses d’exposition pourraient ne pas être aussi élevées que celles de la population de Tchernobyl; mais il y a de nombreuses incertitudes sur les doses d’exposition réelles à Fukushima.

Dans un document récent publié dans «Thyroïd», l’Université médicale de Fukushima conclut que des cancers de la thyroïde induits par les radiations ne sont pas susceptibles d’apparaître à Fukushima parce que les doses d’exposition ne dépassent pas 100 mSv.
Mais ce seuil 100 mSv a été scientifiquement réfuté par des études récentes, telles que l’étude australienne CT (http://www.bmj.com/content/346/bmj.f2360)et l’étude suisse sur le rayonnement de fond .

Yuri Hiranuma – le 17 Juin 2016


  • L’article original de Yuri Hiranuma en anglais
    http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/2016/06/thyroid-cancer-in-fukushimahow-thyroid.html?m=1
    Yuri Hiranuma est une ostéopathe d’origine japonaise travaillant aux USA
  • La traduction anglaise non officielle de l’article du Fukushima Minyu:
    http://www.minyu-net.com/news/news/FM20160615-084349.php
  • La traduction vers l’anglais de l’article du Fukushima Minyu par l’Université de Fukushima:
    http://fmu-global.jp/2016/06/30/article-of-the-fukushima-minyu-shimbun%E3%80%80%E3%80%90wednesday-june-15-2016%E3%80%91/
  • L’article de l’Université de Fukushima:
    http://online.liebertpub.com/doi/abs/10.1089/thy.2015.0564
  • Un article détaillé de Yuri Hiranuma qui nous fait une synthèse de la situation en juin 2016 (anglais ):
    http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/2016/06/fukushima-thyroid-examination-june-2016.html
  • Le blog de Yuri Hiranuma:
    http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/
Notes:

Cela s’appelle manipuler les enfants. Quelles conséquences sur la relation parents-enfants ? sur la relation avec les soignants ? sur l’angoisse des enfants, invités à prendre seuls des décisions qui ne sont pas forcément de leur âge ?

Au fil des mois, on voit apparaître les avis que le lobby nucléaire fournit aux politiques:

  • 1- «au dessous de 100mSv il n’y a aucun risque». Cette affirmation qui date des études sur les survivants des bombes atomiques américaines n’est plus juste: 1) l’exposition à l’explosion unique d’une bombe n’est pas comparable à une exposition chronique au fil des ans; spécialement pour des enfants.
    2)Plusieurs études modernes ont montré qu’il n’existe pas de seuil en dessous duquel l’exposition aux rayonnements serait inoffensive. Une exposition chronique à 20 mSv/an est déjà considéée comme trop élevée. Voir l’étude citée ci dessus, et «A 20 mSv/an, le risque de cancer des enfants de Fukushima est très sous-estimé»:
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/a-20-msvan-le-risque-de-cancer-des-enfants-de-fukushima-est-tres-sous-estime/
  • 2- Il est inutile d’évacuer les populations. L’évacuation causerait plus de problèmes de santé que de laisser tout le monde en milieu contaminé. Cela coûte extrèmement cher et cela ruine toute une province.
  • 3- La doctrine, déjà mise en oeuvre à Tchernobyl et actuellement en cours à Fukushima est de tenter de persuader les populations qu’on peut très bien vivre en milieu contaminé, femmes enceintes et enfants compris; qu’il suffit d’apprendre à chacun comment utiliser son dosimètre et contrôler ainsi sa contamination. C’est le programme ETHOS. La responsabilité des affections provoquées par les rayonnements est ainsi reportée sur les populations qui en sont victimes.
  • 4- Et voici maintenant qu’il est déraisonnable d’examiner les enfants victimes de l’irradiation radioactive.

Il est fort probable que ce sont les conseils que le lobby nucléaire donnera aux politiques lors du prochain accident au Japon, en Europe ou ailleurs. Les politiques suivront-ils ?

Vous trouverez des articles concernant les faibles doses à la rubrique «faibles doses» dans l’index en haut de page. Notamment:

  • Les cancers de la thyroïde des enfants de Fukushima sont bien dus à la radioactivité:
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/les-cancers-de-la-thyroiactivite/
  • A 20 mSv/an, le risque de cancer des enfants de Fukushima est très sous-estimé
    – lire: http://www.vivre-apres-fukushima.fr/a-20-msvan-le-risque-de-cancer-des-enfants-de-fukushima-est-tres-sous-estime/
    – Télécharger: vivre-apres-fukushima.fr/gm-documents/danger-20mSv-impr.pdf
  • Le rapport des médecins de l’IPPNW/PSR:
    http://tinyurl.com/zzmazqj
    ou http://www.vivre-apres-fukushima.fr/gm-documents/Ippnw-fukushima-report-FRa.pdf
  • Les maladies radio-induites “NEGLIGEABLES“
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/les-maladies-radio-induites-negligeables-un-nouveau-paradigme

N’est-ce pas un bon moyen de saborder une étude dont les résultats vous déplaisent que de dire aux enfants concernés que ce n’est pas la peine de continuer de s’astreindre à des examens «déraisonnables»?

L’université de Fukushima a signé des accords avec l’AIEA. Ce qui sort de cette université a l’accord de l’AIEA(le lobby officiel du nucléaire).
Au sujet des liens de l’université médicale de Fukushima, je reprends une note de Yuri Hiranuma dans son article http://fukushimavoice-eng2.blogspot.fr/2016/06/strict-management-of-fukushima-health.html :

(Note: Il est de notoriété publique que l’Université médicale de Fukushima est comissionnée par la préfecture de Fukushima pour mener l’enquête sur la gestion de la santé de Fukushima en utilisant les ¥ 78,2 milliards du «Fonds pour la santé des Residents de Fukushima» créé à la fin 2011 par le gouvernement japonais(~684 millions d’€). Cependant, il pourrait ne pas être aussi bien connu que les 78,2 milliards de yens provenaient du «Ministère de l’Economie, du commerce et de l’Énergie», dont l’«Agence des ressources naturelles et de l’énergie» est chargée de promouvoir la construction de centrales nucléaires électriques au Japon; par l’intermédiaire de son service pour l’expansion des installations nucléaires et des industries du cycle du carburant qui fait partie du département pour l’expansion de l’industrie de l’électricité et du gaz).
Deuxièmement, il est devenu évident que l’Université médicale de Fukushima a des lignes directrices strictes concernant l’utilisation des données de l’Enquête sur la gestion de la santé Fukushima; et qu’il existe un contrôle serré sur la présentation et la publication des données analysées par le biais d’un processus d’examen par les pairs qui approuve ou désapprouve le travail. Les références sont dans l’article anglais, en anglais ou en japonais

Pour information, les buts et le conmpte-rendu officiel du «Fukushima Health Management Survey» se trouvent sur le site web du « Radiation Health Science Center»: http://fmu-global.jp/?wpdmdl=1032 (anglais)

le 22 août 2016

L’information en français sur Fukushima:
Les Veilleurs de Fukushima
Le blog de Fukushima
le site de l’ACRO
et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
et dans la colonne de droite de cette page.
Pour les anglophones: le site Fukushima is still news

Août 16

Fukushima – Arnie Gundersen: le monde en danger

Traduction de la video d’une conférence donnée le 29 Juillet 2016 en Californie.

La video: https://www.youtube.com/watch?v=Fm6X3zdZZVM
Le texte anglais original: http://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education//world-in-danger

Arnie Gundersen est le directeur de l’association Fairewinds Energy Education,une organisation sans but lucratif fondée en 2008: «Notre mission est d’informer le public sur les problèmes causés par l’énergie nucléaire et les autres énergies.»


EEMCEE : Je vais commencer par une citation du célèbre philosophe américain W.C. Field qui a dit un jour« Il arrive une fois dans la vie où l’on doit prendre le taureau par la queue et regarder les choses carrément en face ». Et c’est ce que nous allons faire ce soir.
Alors, Arnie Gundersen, c’est à vous.

Arnie GUNDERSEN : Ce dont je voudrais parler, et Tim y a fait allusion, c’ est comment l’industrie nucléaire a réussi à formuler son argumentation sur le nucléaire avec tant de succès. Voiçi un livre: Ne pensez pas à l’éléphant. Quelle est la première chose à laquelle vous pensez ? A l’éléphant. Et la personne qui expose l’argument gagne généralement sur cet argument. Nous nous retrouvons étiquetés anti-nucléaires. Nous ne les appelons jamais zélotes du nucléaire. Ils ont été capables de formuler l’argument.

Voici un exemple:

Qu’est-ce qui est faux dans cette phrase : «L’accident de Fukushima s’est produit le 11 mars 2011»?
le public: «Il est toujours en cours»

– 1. Oui, Il est toujours en cours.

Quand l’industrie nucléaire parle de Fukushima au passé le nœud du problème est que la centrale saigne toujours dans le Pacifique et qu’il faudra cent ans et la moitié d’un trillion de dollars pour nettoyer; mais ils veulent que vous pensiez que c’est fini. Aussi, premièrement: l’accident se poursuit.

2. C’ est un accident mondial. Un accident, c’est quand tu conduis sur la route, qu’un hibou vole devant toi, heurte ton pare-brise et te sort de la route. C’est un accident. Tu ne pouvais pas le prévoir. Mais leur commission de la DIETE (la DIETE est leur parlement national) a affirmé que ce n’est pas un accident. Il a été causé par l’homme. Profondément causé par l’homme. Les ingénieurs le savaient depuis quarante ans.
Ainsi la mèche de cette bombe à retardement a été allumée en 1967 quand ils ont commencé à construire. Et ça a explosé en 2011, mais l’accident n’est pas un accident: C’est un désastre créé par l’homme. Aussi j’essaie d’éliminer ça de mon vocabulaire parce que j’ai été ingénieur et j’aurais parié que tout le monde appellerait ça un accident. C’est inculqué. Ce n’est pas un accident. C’est un désastre.

3. Et la dernière erreur est qu’on parle de « l’accident de Fukushima». Fukushima est une jolie préfecture et il vaudrait mieux que nous l’appelions l’accident de Fukushima Daiichi, ce qui signifie que c’est le premier site nucléaire construit à Fukushima; plus bas sur la route à environ six kilomètres se trouve Fukushima Daini. Ce serait comme parler de l’accident de Californie. Cela aurait un sens pour les habitants de la Préfecture de Fukushima que le désastre soit correctement appelé accident de Daiichi.

Mais poursuivons:
Il y a quatre points dont j’aimerais parler:

  • 1- Le premier est que les accidents nucléaires arrivent bien plus fréquemment que nos régulateurs voudraient que vous le croyiez, que nos politiciens voudraient que vous le croyiez et que l’industrie nucléaire voudrait que vous le croyiez.
  • 2- Avec le temps ces désastres sont devenus pires, pas moindres mais pires.
  • 3- La troisième chose est que, si grave que fut Fukushima Daiichi, ça aurait pu être pire.
  • 4- Et enfin c’est que ça frappe ici en Californie et sur la côte ouest, et que les radiations ne connaissent pas de frontières.

Aussi au cours de ma vie – voilà à quoi je ressemblais au sortir du lycée- regardez cette cravate, on dirait que j’avais une carpette ou quelque chose comme ça, ce gars était plus brillant que celui qui se tient devant vous, mais probablement un peu moins sage. Aussi je voudrais vous dire que ma sagesse peut avoir augmenté, mais mon intellect a peut-être diminué un peu. Mais au cours de notre parcours commun d’environ quarante étranges années, voici ce qui est arrivé:

  • Nous avons eu une fusion partielle à Three Miles Island.
  • Nous avons eu une fusion complète à Tchernobyl
  • Nous avons eu une fusion complète à Fukushima Daiichi unité 1
  • une fusion complète à Daiichi unité 2
  • une fusion complète à Daiichi unité 3

Ainsi dans ces 35 années depuis TMI à aujourd’hui nous avons eu cinq fusions.
Si vous prenez 35 divisé par 5, ce n’est pas sorcier, vous avez 7. Tous les 7 ans environ, environ tous les dix ans, vous avez une fusion.

C’est ce que l’histoire montre. Cependant, les régulateurs, et la Commission Régulatoire Nucléaire et l’industrie nucléaire ont dit aux politiques que les chances d’accident étaient de un sur un million.

Donc si vous prenez un million et que vous divisez par 400 centrales nucléaires, vous avez un accident, un désastre tous les 2.500 ans.
Mais l’histoire nous dit que c’est une fois tous les 7 ans, et cependant les régulateurs basent leurs processus de décisions sur une fois tous les 2.500 ans. Ceci montre comment l’industrie nucléaire a tordu l’argument, et, malheureusement, ça influence énormément nos élus. Qui, au Congrès, autoriserait à mettre en route Diablo s’il pensait qu’il y aurait fusion dans les 7 ans ? Ainsi, premier point,les décideurs sont dans un monde et les faits du monde réel sont dans un autre.

Le deuxième problème est que les accidents sont devenus pires, les désastres ont empiré. Le premier est TMI. C’était une fusion partielle – comme si on pouvait être partiellement enceinte !
L’équipe qui a pris cette photo – la façon de penser du pouvoir nucléaire est une histoire intéressante- l’a prise un an après l’accident, le désastre ! Environ un an après le désastre, ils ont plongé une caméra depuis le sommet du réacteur. C’est une histoire, d’après des personnes de l’équipe. Ils l’ont descendue à plusieurs mètres jusqu’où aurait dû se trouver le cœur du réacteur, et ils ne l’ont pas trouvé. Ils ont remonté la caméra et se sont dit qu’il y avait quelque chose de faux dans leurs mesures. Aussi ils ont re-mesuré le fil et l’ont plongée une seconde fois. Et ils n’ont pas trouvé le cœur. Et ils ont re-tiré la ligne et se sont dit «il y a quelque chose de faux dans nos mesures. Le cœur doit se trouver ici.» Ils l’ont replongée une troisième fois. Et ils ne l’ont pas vu. C’est à la troisième fois que la personne chargée de l’opération a dit : «mon Dieu, c’est une fusion!». Deux ans après, avec d’énormes émissions de radioactivité, le psychisme de l’industrie nucléaire était tel qu’ils ne voulaient pas s’avouer qu’il y avait eu fusion jusqu’à ce que cette image apparaisse.

Il n’y a pas que les fusions comme conséquences; il y a aussi les victimes. Si vous allez sur le site web de la Commission de Réglementation Nucléaire, personne n’a été blessé à Three Miles Island. Et, bien sûr, l’industrie dit ça aussi.
Voici le Dr. Steve Wing. Et la diagonale blanche qui court d’ici à là, voici Susquehanna River et là, Three Miles Island. Et Steve a regardé les données démographiques de décès par cancer du poumon dix ans après l’accident. Et il a clairement montré que les cancers du poumon dans la vallée de la rivière étaient horribles comparés à ceux des coteaux. Pourquoi ça ? Quand l’accident est arrivé, quand le désastre est survenu, quand la fusion s’est produite, il y avait inversion des températures ce jour-là et ça a maintenu les radiations dans la vallée. L’industrie nucléaire ne veut pas l’admettre et Steve a pris un tas de critiques, mais en fait c’est ce que disent les données. Des gens sont morts après TMI.

Voici une photo des restes du cœur du réacteur à Tchernobyl. On l’appelle le pied d’éléphant. Elle a été prise par un robot environ un an après l’accident – le désastre, la fusion- et ce pied d’éléphant est si radioactif que s’il était ici, nous serions tous morts en environ 2 minutes. Voilà la quantité de radiation qui s’échappe du pied d’éléphant en ce moment même. Mais nous avions une photo qui montre à quoi ressemblait TMI et à quoi ressemblait Tchernobyl deux ans après l’accident, le désastre.

La diapo suivante – et nous savons tous que l’Europe a été hautement contaminée suite à la fusion de Tchernobyl. Le Dr. Alexey Yablokov calcule que plus d’un million de personnes mourront des émissions radioactives. L’IAEA dit qu’environ 40 personnes sont mortes. Il y a une grande différence (10:54).

Maintenant rendons-nous à Fukushima Daiichi. Où sont les cœurs ? Personne ne sait. Cela fait cinq ans que le processus a commencé et nous n’avons même pas une photo qui montre où sont les cœurs nucléaires. La tendance est allée d’une fusion partielle à une fusion complète, à trois fusions complètes et – les niveaux de radiations sont si élevés dans ce bâtiment – que nous ne pouvons pas encore trouver les cœurs des réacteurs.

Diapo suivante. Voici une séquence vraiment rapide.
De gauche à droite Fukushima Daiichi unité 1 – déjà explosée- 2, 3, 4. Gardez l’oeil sur la 3, ici à droite.

Diapo suivante. Ceci ne peut pas arriver! Selon la Commission de Régulation du Nucléaire, vous ne pouvez pas avoir une explosion d’hydrogène et vous ne pouvez pas avoir une onde de choc de détonation dans une centrale nucléaire. Alors ne vous inquiétez pas. Ce que vous voyez ici n’est pas arrivé.

Mais l’exemple existe – Diablo Canyon ne peut pas résister à ça. Ce que dit la Commission de Régulation du Nucléaire c’est que ceci ne peut jamais arriver. Donc Diablo Canyon peut continuer à fonctionner.

Cette petite diapo montre l’éclatement initial de la première explosion – l’onde de choc de la détonation. Le reste, après, est balistique. Cela emporte juste le toit du bâtiment. Mais ne vous inquiétez pas, ça ne peut pas arriver à Diablo Canyon. Je vais cliquer dessus 21 fois (de 12:36 à 13:04). Ce n’est pas une onde de choc de détonation. Aucune enceinte de confinement au monde ne peut supporter l’onde de choc d’une explosion. Alors la solution des régulateurs est de présupposer qu’une onde de choc d’explosion ne peut arriver.

La diapo suivante montre un problème que les régulateurs ont réussi à traiter: Les enceintes de confinement ne fuient pas. Voilà les dômes de Diablo et San Onofre – cette chose qui ressemble à une demi-sphère. Voiçi le dôme de confinement. Et je discutais de ça – j’étais invité au comité consultatif de sécurité des réacteurs – les 17 sages qui guident la Commission de Régulation du Nucléaire – quatre mois avant Fukushima Daiichi. Et j’arguais que les enceintes de confinement fuient et qu’ils devaient changer la réglementation, spécialement pour un nouveau réacteur.
Après ça, le mois suivant, l’équipe de la NRC – 4 000 membres – a envoyé un document de synthèse à la NRC, ils disaient que le risque de fuite est de zéro.

Voici une photo infra-rouge de Fukushima Daiichi unité 3 environ un mois après l’accident nucléaire. Le désastre. La grosse forme vague est la piscine du réacteur qui bout et se mélange à l’air, et vous pouvez voir (il y a juste deux mots ici en anglais) : c’est à environ 62 degrés centigrades, ce qui signifie que les gaz qui s’échappent étaient à environ à 130 degrés (Farenheit). C’était un gros problème et c’était la même chose à l’unité 4 et dans les autres unités.
Les piscines des réacteurs bouillaient. Mais ce n’est pas le point-clé ici. Vous voyez ce petit point juste ici ? Il indique 128° (Centigrade). Ce qui signifie environ 252 degrés (Farenheit). Vous vous souvenez, l’eau bout à 100° en conditions atmosphériques. Ce qui me dit que l’enceinte de confinement fuyait comme une passoire.
L’enceinte de confinement de Fukushima Daiichi unité 3 n’est pas étanche. Encore un des problèmes que la NRC a mis de côté. Il y a eu des communications entre la NRC et les gens à Tokyo et ils estimaient que le confinement fuyait à 300 pour cent par jour. Si ce chiffre était appliqué à Diablo Canyon il devrait fermer immédiatement parce que selon l’analyse de l’accident – je peux l’employer parce que ce sont les termes de la NRC – ils présupposent seulement un dixième de pourcent par jour. Ceci est un autre exemple de la façon dont l’industrie envoie son argumentation.

Ensuite,voici un morceau de combustible nucléaire. C’est dans un microscope à balayage électronique fait par Marco Kaltofen à Worcester Polytechnic. Ce qu’il y a de fascinant, c’est que ça a été trouvé à environ 300 km de Fukushima Daiichi. Donc un accident/désastre ne se limite pas aux limites de la centrale. Et si ceci a été ramassé dans un sac d’aspirateur, si c’est dans le sac de l’aspirateur, c’est dans vos poumons parce que vous inspirez tout ce qui remonte du sol.

Diapo suivante : des filtres à air de voiture. Chacun de ces points noirs est une particule radioactive. Si vous regardez de près (nous avons un grand projecteur de diapos en ce moment) nous avons une particule radioactive sur un filtre à air de voiture à Seatle – mais ceux de la ville de Fukushima sont d’évidence les pires. Et une voiture respire exactement la même chose que les personnes. De sorte que – Dieu nous aide quand ces gens auront 10 ou 15 ans et quand nous commencerons à voir une incidence accrue des cancers du poumon comme Steve Wing l’a découvert à TMI. Mais, selon la NRC, TMI n’a pas eu lieu non plus, OK.

La dernière de cette série:

– Fairewinds a demandé des chaussures d’enfants. Et nous avons reçu 7 paires de chaussures d’enfants de Fukushima et les avons comparées avec 7 paires de chaussures d’enfants des Etats Unis. Et basiquement les chaussures de droite sont à la limite inférieure de détection, c’est le mieux que puissent faire les instruments. Les chaussures des enfants des EU sont vraiment propres. Et les chaussures des enfants japonais sont chargées de césium. Bon, que font les enfants ? Ils lacent leurs chaussures et mettent leurs mains dans leurs bouches, ceci partout au Japon.

Donc la seconde conclusion est que nous sommes allés d’une fusion partielle à une fusion totale puis à trois fusions totales. Et les conséquences empirent et la fréquence des accidents augmente. Ce n’est pas une bonne tendance.
Et ça va empirer à mesure que les centrales vieillissent
.

Diablo a plus de 30 ans de fonctionnement, mais ils avaient construit le réacteur avant ainsi que d’autres choses qui ont ralenti la construction. Il s’agit d’une technologie des années 60 et d’un béton des années 60 et à mesure que les choses vieillissent, elles finissent par casser. Mon corps me le dit. Conséquence numéro deux: la fréquence des désastres et la gravité des désastres augmentent.

La troisième partie tourne autour du point clé du pouvoir nucléaire que personne ne veut vous voir connaître:

Actuellement nous savons tous que quand un atome d’uranium se divise en deux, il dégage des quantités d’énergie.
C’est ce qui rend la puissance nucléaire si cool et c’est ce qui fait exploser les bombes atomiques.
Prenez de l’uranium, divisez-le en deux et vous obtenez des quantités d’énergie. Si ça s’arrêtait là, nous n’aurions pas de problème à Daiichi. Mais ça ne s’arrête pas là, et c’est ce dont ils ne vous parlent pas.

La réaction nucléaire en chaine du coeur – libère seulement 93% de la chaleur. Les autres 7% proviennent des parties qui l’entourent, ici et là. Elles restent physiquement chaudes et radioactivement chaudes pour des centaines d’années (19:41). Donc quand Fukushima Daiichi a été arrêté en sécurité, ça a arrêté la réaction en chaine. Il n’y avait plus d’atomes d’uranium qui se divisait. Mais les pièces qui étaient à côté continuaient à malaxer 7% du problème.
7% ne semblent pas un gros morceau, sauf que – regardons Daiichi unité 2 – qui faisait 4 millions de chevaux. 7% de 4 millions de chevaux sont 270 000 chevaux de chaleur à dissiper et le cœur du réacteur est seulement de 12x12x12. Alors pensez à 270 000 chevaux dans un espace de 12x12x12 et qui doivent être dissipés et ne le peuvent pas.

Ce qui est arrivé à Daiichi fut que (vous l’avez tous appris) la vague est arrivée, a frappé les diesels et parce que les diesels ne pouvaient tourner, il n’y avait plus d’eau pour refroidir. C’est vrai, mais même si les diesels avaient été au sommet de l’Empire State Building, Daiichi aurait quand même connu la fusion, voici pourquoi. Le long de la rive il y a un tas de décombres: ce sont les pompes de refroidissement destinées à dissiper un quart de millions de chevaux pour chaque réacteur. La vague a détruit les pompes de refroidissement. Nous appelons ça perte du dissipateur thermique principal: PDTP (LOUHS). Aussi, ça n’a pas d’importance et les gens diront qu’à Diablo le bâtiment du réacteur est à 24 ou 27 mètres. Les pompes de refroidissement sont au niveau de l’eau. Si un tsunami survenait, il ne frapperait pas le bâtiment mais les pompes le long de l’eau. Et l’industrie nucléaire a énoncé le problème ainsi : «Nous n’avons pas de problème à Diablo puisque nous sommes sur le haut de la falaise». Les pompes ne sont pas sur la falaise, parce que si elles y étaient, elles ne pourraient pas pomper l’eau. Les pompes sont en bas, au niveau de l’eau et c’est un problème critique qui n’a jamais été soulevé. De ce point de vue Fukushima aurait pu être pire. Quand le tsunami est survenu, il a frappé presque toutes les pompes. Une pompe a survécu à Daiichi, une paire plus bas à Daini. Mais 14 réacteurs nucléaires ont perdu leur eau de refroidissement. 14 réacteurs qui ont perdu leur eau de refroidissement ça signifiait que 24 diesels n’ont pas pu démarrer. (il y en avait 37 ). Ils avaient seulement 12 pompes pour refroidir 14 réacteurs nucléaires. Et si ça avait été pire d’un poil, nous n’aurions pas eu 3 fusions comme à Daiichi, mais 14.
Et ce n’est pas un problème qui concerne le seul Japon. C’est le genre de problème qui concerne l’hémisphère nord. Donc la question de la chance y joue un rôle important.

Daiichi aurait pu être bien pire. Ce fut un échec technique complet. Chaque système qui avait été conçu pour fonctionner ne l’a pas fait.

Et nous devons notre vie dans cet hémisphère au courage de deux centaines d’ouvriers japonais. Ainsi le courage est crucial ici. Le dirigeant de la centrale était très respecté par les gens, et quand il resta, ils restèrent. Aussi je dédie toujours mes débats à cette centaine de personnes – nous les appelons les Cinquante de Fukushima. Il y eut probablement plus de 50 mais moins de 200 personnes qui restèrent et qui ont maintenant des leucémies comme résultat. Premièrement.

L’autre chose est la chance. Quand cet accident arriva, quand ce désastre arriva, le vent soufflait vers la mer à peu près 80% du temps. Maintenant, si le vent avait soufflé dans l’autre sens comme il le fait pendant quelques saisons au Japon, le Japon aurait été coupé en deux par l’émission des radiations de ces trois réacteurs nucléaires. Vous auriez eu le Japon du Nord, le Japon du Sud et cette ceinture inhabitée au milieu. La chance tient à ce que le vent soufflait dans la bonne direction. L’autre aspect de la chance est que ceci eut lieu pendant le jour. Il y avait 1 000 personnes ce Vendredi, y compris les cadres dirigeants. Si c’était arrivé douze heures plus tard, au milieu de la nuit, il y aurait eu 100 personnes, et pas de cadres. Et l’infrastructure pour qu’ils aillent au travail détruite. Ce n’est pas comme s’ils pouvaient sauter dans la voiture et conduire pour aller secourir la centrale. Ils n’auraient pas pu se rendre sur place parce que l’infrastructure pour s’y rendre était détruite. Donc si ce n’avait pas été deux centaines de personnes courageuses et la chance de 12 heures de différence quand le tremblement de terre et le tsunami ont frappé, le désastre à Daiichi aurait éliminé le Japon et hautement contaminé l’hémisphère Nord également.

C’est le commentaire de Naoto Kan sur l’accident. Naoto Kan était le premier ministre au moment de l’accident, et il a dit : « Notre existence en tant que nation était en jeu ». A mettre en parallèle avec ce que dit Gorbatchev dans ses mémoires. Gorbatchev dit que l’Union Soviétique ne s’est pas écroulée à cause de la pérestroïka mais à cause de Tchernobyl. Ainsi les deux premiers ministres qui ont vécu ça – l’un élu démocratiquement, et l’autre un dirigeant communiste – en viennent aux mêmes conclusions qu’une technologie est capable de détruire un pays du jour au lendemain. Contrairement aux autres choses avec lesquelles nous vivons, le pouvoir nucléaire peut détruire le tissu d’un pays du jour au lendemain.

Diapo suivante : le pouvoir nucléaire est-il trop grand pour faire faillite ? Ce serait
l’image que je pense que vous avez quand vous regardez sa structure robuste. Mais en fait nous avons vu, maintenant trois fois, à Daiichi 1, à Daiichi 2 et à Daiichi 3, que c’est faux. J’aime le dire ainsi. Tôt ou tard, dans tout système à l’épreuve des fous, les fous vont dépasser les limites.

Dernier point : qu’est-ce que ça signifie pour la Californie et la côte ouest ? Cela signifie que la radiation ne connait pas de frontières. Elle ne s’y arrête pas – c’est un accident japonais et la radiation dit «oh ! je dois revenir derrière la ligne et revenir au Japon». Non. Nous sommes tous embarqués dans cette affaire. La radiation ne connait pas de frontières. Ce que j’ai été capable de faire est de mettre ici cette petite diapo qui explique l’impact sur la Californie mieux que tout à ce que je vois. La fusion à Daiichi fait relâcher 400 tonnes d’eau par jour dans le Pacifique. TEPCO en recueille frénétiquement dans tous ces réservoirs. Ces trucs bleus et argent. Ils n’étaient pas là quand la centrale a été construite mais ils construisent une citerne tous les deux ou trois jours essayant frénétiquement de récupérer l’eau, et cependant 400 tonnes coulent dans le Pacifique.
Qu’est-ce que ça signifie ? C’est l’équivalent de la charge de 25 000 tracteurs de liquide radioactif pompé dans le Pacifique. Et ça n’a pas cessé. Ceci pour les quatre premières années. Parlons de ce que ça signifie.

Seriez-vous inquiets de vivre en Californie ? Je vais utiliser ce cube comme exemple. Ce cube fait 10x10x10. Donc 10x10x10 ça fait 1 000 morceaux dans ce cube. Quand j’étais à l’école on nous disait la dilution est la solution à la pollution. Et je pense que le problème de Daiichi est que nous vivons dans un monde terriblement trop petit pour diluer. Regardons le premier gros bloc de 10x10x10. Disons que chaque partie est un rem. Un REM est une unité – Roentgen equivalent man – c’est une unité de radiation. On peut parler en Sieverts, 1 000 rems sont 10 Sieverts. J’ai été éduqué en REM aussi je parlerai en REM. Un millier de REM – si je vous ai donné un cube – voici votre cube d’un millier de REM – vous êtes mort en une heure. Maintenant prenons-en un dixième. Divisons le cube en 100. Maintenant, c’est 10x10x1. C’est un cube de 100 REM. Si je donne 100 REM aux 10 premières personnes ici, une sur 10 mourra de cancer. Nous appelons ça la théorie du modèle de radiation sans valeur seuil. Ce que ça signifie c’est que, si je continue de diviser ce bloc je n’arrive jamais à un point où il y ait une dose minimum qui ne cause plus de souci. Quelqu’un aura un cancer par cette radiation. Nous sommes arrivés à 100 REM. Une personne sur dix exposée à 100 REM mourra du cancer. Descendons un peu plus – jusqu’à 10 – donc 10x1x1 – donc 10 REM. Et si j’étends ça à tout le monde dans cette salle, il y aura une augmentation : un d’entre vous aura un cancer à cause de cette radiation.

Mais ce qui se passe ici, et je pense que vous pouvez deviner que les gens de la politique officielle comptent sur le fait que, de toute façon, 40% des Américains meurent de cancer. Aussi pour extraire cette personne des 40 est épidémiologiquement très difficile.
Plus c’est dilué, moins probablement vous saurez qui va mourir du cancer. Mais vous pouvez être sûrs que quelqu’un en mourra.

La dernière diapo va dans le même sens. Ainsi à mesure que la radiation est diluée, ça ne signifie pas qu’elle atteint un niveau minimal et que tout le monde est sauf.
Quand ils disent que le poisson dans le Pacifique est sauf, en fait ce n’est pas vrai. Ce qui arrive est qu’il y a environ 2 milliards de personnes dans le Pacifique et qu’il y a toute une foule de ces cubes de 10x10x10 jetés dans le Pacifique. Ce qui se passe c’est que l’incidence des cancers diminue si bien (en cas de dilution – ndr) qu’il est extraordinairement difficile pour un épidémiologiste de les détecter dans une population. Mais il y aura des milliers et des dizaines de milliers de cancers, vous pouvez compter là-dessus. Nous ne savons pas qui. Est-ce que Fukushima cause des cancers dans le Bassin Pacifique ? Absolument. Aussi quand j’entends des officiels de santé publique dire: «bon ce poisson n’a que 10 Becquerels, par conséquent on peut le consommer», ce n’est vraiment pas ce qu’ils devraient dire. «Ce poisson a 10 Becquerels et si vous avez un cancer, nous ne pourrons pas prouver que ça vient de Fukushima»: c’est la vraie façon dont le communiqué devrait être rédigé. Alors, seriez-vous inquiet ? Personnellement, j’ai pris la décision de ne pas manger de poisson du Pacifique jusqu’à ce que les régulateurs mesurent le poisson et me disent ce qu’il y a dedans. C’est une décision personnelle mais il y a des gens qui mangent ce poisson.

Il y a un phénomène nommée bioaccumulation à laquelle la dilution n’est pas reliée. A mesure que cette radiation se propage dans l’environnement, elle est capturée par les algues. Nous en avons déjà trouvé des concentrations dans les algues. Puis les bestioles qui mangent les algues en concentrent plus. Tout à fait comme le mercure et le saumon – vous savez comment il chemine dans la chaîne alimentaire. Et avec le temps nous verrons l’augmentation de la concentration des radiations au sommet de la chaîne alimentaire – le saumon, le requin, le thon, etc. Aussi la la dilution est une solution à la pollution qui présume que c’est dans l’eau et qu’il n’y a pas bioaccumulation, ce qui aggrave le problème. Bon, tout va bien merci.

Comme nous disons sur le petit bouton ici, les radiations ne connaissent pas de frontières (32:33 Demande de retour sur une diapo). Ce qui arrive ici, c’est que la concentration des radiations à Daiichi était importante, mais quand elle atteint le Pacifique au fil du temps, elle se dilue. Mais le même nombre d’atomes est en jeu. Ce que vous voyez dans le Pacifique maintenant: le centre Pacifique, est relativement peu contaminé par rapport aux iles Aléoutiennes jusqu’à la côte de Vancouver et de Californie. Et ça continuera de progresser vers le Sud jusqu’à l’équateur environ et cela recommencera sa rotation. Mais la source ne diminue pas. Ken Beussel (?33:18) et moi avons des désaccords, mais une chose sur laquelle je suis tout à fait d’accord avec lui est que les concentrations dans le Pacifique montrent clairement que la centrale continue de saigner dans le Pacifique. Si ça avait été un événement unique – si c’était arrivé le premier mois, puis résolu, nous ne connaitrions pas ce problème aujourd’hui. Aussi le fait que Fukushima continue de saigner dans le Pacifique est, je pense, une des questions-clé pour l’institut océanographique de Woods Hole – qui fut le premier à la poser – je leur tire mon chapeau.

1- TMI : Three Miles Island : centrale nucléaire américaine qui a connu une fusion du coeur.
2- NRC ou CRN : commission de régulation nucléaire
3- Diablo Canyon: centrale nucléaire située en bord de mer en Californie, dans une zone très sismique.

EON, California
Videos & Audio

Traduction: Le blog du non:
https://blogdunon.wordpress.com/2016/08/04/fukushima-arnie-gundersen-le-monde-en-danger/
Mise en page: Vivre-après-Fukushima.

Arnie Gundersen a plus de 40 ans d’expérience en ingénierie nucléaire de puissance. Il a étudié à Rensselaer Polytechnic Institute (RPI) où il a obtenu son Baccalauréat cum laude tout en devenant le récipiendaire d’une prestigieuse bourse de la Commission de l’énergie atomique pour sa maîtrise en génie nucléaire. Arnie détient un brevet de sûreté nucléaire, était un opérateur de réacteur sous licence, et est un ancien vice-président senior de l’industrie nucléaire. Au cours de sa carrière dans l’industrie nucléaire de puissance, Arnie a également géré et coordonné des projets dans les centrales nucléaires des années 70 aux États-Unis.
Fairewinds Energy Education · 70 S Winooski Ave, 289, Burlington, VT 05401, United States
http://www.fairewinds.org/

le 16 août 2016

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Août 08

71ème anniversaire des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki

La bombe atomique couverte par un brevet français ?

Un article de http://www.dissident-media.org/infonucleaire/


L’énergie atomique se manifesta publiquement pour la première fois le 6 août 1945: destruction à peu près complète et instantanée d’Hiroshima. La « performance » fut répétée trois jours plus tard sur Nagasaki avec le même succès. Si la surprise fut grande dans l’opinion publique, parmi les savants il n’en fut rien car ils envisageaient ce développement scientifique depuis 1939. Contrairement à ce qui a été écrit plusieurs années plus tard, ces destructions de masse ne traumatisèrent ni le milieu scientifique ni l’opinion publique. Elles furent perçues comme le début d’une ère nouvelle, « l’âge atomique » confirmant la fiabilité de cette nouvelle source d’énergie.

un brûlé de Hiroshima
(Photo Masayoshi Onuka)
Le 7 août, au poste de quarantaine militaire de Ninoshima, à environ 4 kilomètres au large de Hiroshima. «Beaucoup de ceux atteints de profondes brûlures dues à la chaleur de l’explosion, restent étendus ainsi sans bouger, respirant à peine, jusqu’à ce que la vie s’en aille.»

Le mercredi 8 août 1945, on put lire à la une du journal Le Monde : « Une révolution scientifique: Les Américains lancent leur première bombe atomique sur le Japon ». L’unanimité fut assez parfaite dans l’ensemble de la presse. L’ampleur du désastre, ces êtres humains qui, en quelques millionièmes de seconde, furent « volatilisés » et ne laissèrent qu’une ombre sur les murs, loin de déclencher horreur et indignation, fut reçue comme la preuve objective d’un avenir radieux pour une humanité qui allait enfin être débarrassée à tout jamais des contraintes du travail. La matière se révélait source inépuisable d’énergie, qu’il serait possible d’utiliser partout sans limite, sans effort, sans danger.

D’invraisemblables projets étaient présentés sérieusement comme à notre portée dans un avenir très proche. On parlait de faire fondre la glace des pôles par bombardement atomique pour produire un climat tempéré sur la terre entière, d’araser le Mont Blanc ou de combler la Méditerranée pour irriguer le Sahara (Joliot), etc.

Le délire scientiste n’a plus jamais atteint de tels sommets. Les explosions sur le japon furent glorifiées et bénies par tout ce que l’establishment scientifique avait de disponible: à l’époque cela s’appelait « les savants ». La mobilisation fut spontanée pour nous initier à cet avenir que les prix Nobel du « Projet Manhattan » nous avaient soigneusement préparé. Hiroshima devait ouvrir à l’humanité une ère de liberté, on entrait dans la modernité libératrice.

La seule voix discordante fut celle d’Albert Camus dans l’éditorial de Combat le 8 août 1945: « Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose. C’est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d’information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d’une foule de commentaires enthousiastes, que n’importe quelle ville d’importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d’un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l’avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. […] Il est permis de penser qu’il ya quelque indécence à célébrer une découverte qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles ». Ces positions lui valurent, quelques jours plus tard, de violentes critiques.

Pour France-Soir, l’ère nouvelle fut inaugurée le 16 juillet 1945, date de l’essai de la première bombe atomique. Il titre le 8 novembre 1945: « Le 16 juillet 1945 à Alamogordo, par une nuit d’orage, le monde est entré dans une ère nouvelle ». L’article se poursuit ainsi: « L’espèce humaine a réussi à passer un âge nouveau: l’âge atomique ».
Ce même journal titrait un article le 9 août 1945: « L’emploi de la bombe atomique ouvre des horizons illimités ».

Le 10 août 1945, après la destruction de Nagasaki, France-Soir confiait ses colonnes à « un prince, académicien français et prix Nobel de physique » qui titrait son article: « L’homme pourra demain tirer plus d’énergie de quelques grammes de matière désintégrée que de la houille, de l’eau et du pétrole, par le prince Louis de Broglie, de l’Académie française ».

Le 8 août 1945, le journal Libération titrait en première page: « La nouvelle découverte peut bouleverser le monde. […] Charbon, essence, électricité ne seraient bientôt plus que des souvenirs ».

L’Humanité du 8 août 1945 titre en première page: « La bombe atomique a son histoire depuis 1938, dans tous les pays des savants s’employaient à cette tâche immense: libérer l’énergie nucléaire. Les travaux du professeur Frédéric Joliot-Curie ont été un appoint énorme dans la réalisation de cette prodigieuse conquête de la science ». Les journaux mentionnent à de nombreuses reprises la part jouée par la France dans cette prodigieuse découverte.
Ainsi on trouve dans le Figaro du 9 août 1945 un communiqué de l’AFP: « Paimpol 8 août – M. Joliot-Curie fait de Paimpol la communication suivante: L’emploi de l’énergie atomique et de la bombe atomique a son origine dans les découvertes et les travaux effectués au Collège de France par MM. Joliot-Curie, Alban et Kowarski en 1939 et 1940. Des communications ont été faites et des brevets pris à cette époque ». Un de ces brevets porte sur les « Perfectionnements aux charges explosives », brevet d’invention n° 971-324, « demandé le 4 mai 1939 à 15 h 35 min à Paris » (lire: L’histoire de la protection des brevets de l’équipe Joliot).
Cependant, personne n’osa en 1945 réclamer au gouvernement américain des royalties, bien que finalement on affirmât que la destruction de Hiroshima était couverte par un brevet français! Seul un bénéfice moral était attendu en exigeant que l’opinion mondiale reconnût la contribution française aux massacres d’Hiroshima et de Nagasaki.

Témoignages:

Récits des jours d’Hiroshima du docteur Shuntaro Hida
Futaba Kitayama, atomisée à 1 700 mètres de l’hypocentre à Hiroshima
Hideo Shimpo atomisé â 1 300 mètres de l’hypocentre à Hiroshima
Tomiko Matsumoto atomisé à 1 300 mètres de l’hypocentre à Hiroshima
Ube Makoto atomisé à 3 kilomètres de l’hypocentre à Hiroshima
Hiroshima 54 jours d’enfer du Docteur Michihiko Hachiya
Tamiki Hara atomisé à Hiroshima

A lire:

L’homme qui défia la censure (Les destructions de masse de la bombe atomique ne traumatisèrent ni le milieu scientifique, ni la presse, ni l’opinion publique)
Hiroshima et Nagasaki anéanties pour rien
Les ingénieurs oubliés de la bombe
– Lire l’extrait du livre « Plus clair que mille soleils » de Robert Jungk qui présente les physiciens ayant participés à la construction de la bombe atomique américaine, leurs motivations puis les réticences de certains…)
Hiroshima 8h15 le 6 août 1945

www.dissident-media.org/infonucleaire

Le 08 août 2016

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Août 03

Hiroshima,Nagasaki – Où en est le nucléaire militaire mondial?

Armes nucléaires mondiales : une réduction, mais une modernisation

Un communiqué du SIPRI

(Stockholm, 13 juin 2016) — Le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) publie aujourd’hui ses données annuelles sur les forces nucléaires, qui mettent en évidence les tendances et les développements actuels des arsenaux nucléaires mondiaux. Les données montrent que bien que le nombre total des armes nucléaires dans le monde continue de baisser, aucun des États dotés d’armes nucléaires n’est prêt à renoncer à ses arsenaux nucléaires dans un avenir prévisible.

Début 2016, neuf États — États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord — possèdent près de 4 120 armes nucléaires en déploiement opérationnel. En comptabilisant toutes les ogives nucléaires, ces États possèdent à eux seuls un total de près de 15 395 armes nucléaires contre 15 850 début 2015 (voir tableau en pièce jointe).
La réduction des armes nucléaires reste lente, tandis que les niveaux d’investissement augmentent.

La diminution du nombre total des armes nucléaires dans le monde est due principalement à la Russie et aux États-Unis — qui détiennent à eux deux près de 93 % des armes nucléaires dans le monde — qui réduisent encore leurs stocks d’armes nucléaires stratégiques. Cependant, en dépit de la mise en œuvre depuis 2011 du traité bilatéral sur les mesures pour la poursuite de la réduction et la limitation des armes nucléaires stratégiques offensives (New START), le rythme de leur réduction demeure lent.
En parallèle, la Russie et les États-Unis ont des programmes importants et coûteux de modernisation des arsenaux nucléaires en cours. Les États-Unis, par exemple, prévoient une dépense de 348 milliards de dollars pour la période 2015-24 pour l’entretien et la mise à niveau complète de ses forces nucléaires. Selon certaines estimations, ce programme de modernisation des armes nucléaires des États-Unis pourrait coûter jusqu’à 1 000 milliards de dollars sur les 30 prochaines années.

« L’ambitieux plan américain de modernisation présenté par l’administration Obama offre un contraste frappant avec la promesse du Président Barack Obama de réduire le nombre d’armes nucléaires et leur rôle dans la stratégie américaine de sécurité nationale », déclare Hans Kristensen, co-auteur du SIPRI Yearbook.

Les autres États dotés d’armes nucléaires possèdent des arsenaux beaucoup moins importants, mais ont tous soit commencé à déployer de nouveaux systèmes de vecteurs d’armes nucléaires ou annoncé leur intention de le faire.
Il semblerait que la Chine augmente progressivement ses forces nucléaires tout en modernisant son arsenal. L’Inde et le Pakistan sont en train d’augmenter leurs stocks d’armes nucléaires et leurs capacités de lancement de missiles. Selon les estimations, la Corée du Nord détient assez de matière fissile pour environ 10 têtes nucléaires. Il est cependant difficile de savoir si la Corée du Nord a produit ou déployé des armes opérationnelles.

« En dépit de la réduction continue du nombre d’armes, les perspectives de progrès réel vers le désarmement nucléaire demeurent sombres », commente Shannon Kile, responsable du projet Armes nucléaires du SIPRI. « Tous les États dotés d’armes nucléaires continuent de prioriser la dissuasion nucléaire comme pierre angulaire de leur stratégie de sécurité nationale. »

Publié le dimanche 12 juin 2016, par Observatoire des armements
(http://www.obsarm.org/spip.php?article276)
TRADUCTION FRANÇAISE : Aziza Riahi, Observatoire des armements

Voici le tableau issu du rapport du SIPRI sur le niveau de
l’armement nucléaire mondial en 2016

Source: SIPRI Yearbook 2016 – Traduction française par l’Observatoire des armements
http://www.obsarm.org/IMG/pdf/sipri_nuclear_forces_2016_fr.pdf (208 Ko)

L'arsenal nucléaire mondial en 2016

Le site du SIPRI:
STOCKHOLM INTERNATIONAL PEACE RESEARCH INSTITUTE
http://www.sipri.org/

A lire:

Yves Lenoir publie un article instructif sur les circonstances de la destruction de Hiroshima puis Nagasaki et de leurs habitants
sur son blog Médiapart:
https://blogs.mediapart.fr/yves-lenoir/blog/020816/hiroshima-et-nagasaki-le-hasard-et-la-necessite-ont-sauve-le-japon-0

Yves Lenoir est Président de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus.
Il reprend et approfondit les passages de son livre « La comédie atomique« :

Les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, leurs circonstances, leurs conséquences et le rôle des hasards de la guerre dans ce tournant décisif. Ce qui se serait passé si les bombes n’avaient pas été prêtes avant l’entrée des russes dans les hostilités.

Le 03 août 2016

Juil 06

Le «Risque négligeable»: applications pratiques:

IL DÉCÈDE SANS AVOIR PU ÊTRE INDEMNISÉ « GRÂCE » À LA NOTION SCANDALEUSE DE « RISQUE NÉGLIGEABLE »

Un article de la «voix du Nord» (que nous signale le site: http://savoie-antinucleaire.fr/)

Mort sans indemnité

Le tribunal administratif de Lille examine ce mardi trois dossiers de victimes d’essais nucléaires qui contestent le rejet de leur demande d’indemnisation. Parmi eux Guy Berlivet, de Lumbres, se bat depuis six ans pour être reconnu. Du 1er mars 1966 au 22 mars 1968, Guy Berlivet servait sur l’Anjou, le Guyenne. Il était cuistot sur ces navires ravitailleurs de la Marine, dans le Pacifique, entre Mururoa et Hoa. Précisément à l’endroit et à l’époque où la France procédait à ses premiers essais nucléaires, il y a 50 ans tout juste, de l’autre côté du monde. « On avait 20 ans, on était heureux, un peu inconscient. Tout ce qu’on voyait, c’était qu’on était au milieu du Pacifique, dans un cadre magnifique. » Même les champignons nucléaires – « l’éclair blanc » – ont quelque chose de magique à l’époque. « On n’avait aucun équipement particulier, il n’y avait pas de précautions, j’étais torse nu dans ma cuisine où l’eau de mer rentrait facilement. »

Des années plus tard, le nucléaire n’a plus rien de magique aux yeux de Guy Berlivet. Depuis la fin des années 1990, il souffre d’un cancer de l’œsophage, lui qui revendique n’avoir jamais fumé. À ce titre, et parce que la loi met alors en place en 2010 une commission d’indemnisation pour les victimes d’essais nucléaires, il fait une demande d’indemnisation.

Requête rejetée en 2011, alors que le cancer de Guy figure bien sur la liste des 21 cancers radio-induits et qu’il était bien sur place à la période couverte par la loi. « L’article 4 de la loi Morin pour l’indemnisation introduit la notion de risque négligeable. Les juristes de l’État se sont engouffrés dans la brèche », explique Me Glinkowski, l’avocat de Guy Berlivet.

Le ministère de la Défense considère en effet qu’en tant que cuisinier, son client n’aurait pas été exposé directement. En 2012, il conteste cette décision devant le tribunal administratif de Lille. Le début d’un processus long de quatre ans pour arriver jusqu’à l’audience de ce mardi. Le tribunal peut confirmer la décision de la commission d’indemnisation ou lui demander de revoir sa copie, voire indemniser directement Guy Berlivet. « Je n’ai plus de vie depuis 15ans. Je dors assis, je suis sous médicaments… », soupire l’Audomarois, fatigué d’attendre.

Indemnisation : parcours du combattant

La loi Morin pour l’indemnisation des victimes des essais nucléaires de janvier 2010 aurait dû être une avancée. « Elle est en fait un fiasco », martèle Pierre Marhic, président de l’ANVVEN, une des associations de défense des victimes. « 1 059 dossiers ont été déposés devant la commission d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN). Nous en sommes à 20 indemnisations. C’est un parcours du combattant, avec des frais de justice à la charge des victimes. »

Le parcours du combattant tourne même au chemin de croix, parfois. Le 6 octobre dernier était examiné au tribunal administratif de Lille le cas de Bernard Bertin, originaire de l’Audomarois. Il est décédé trois jours après l’audience, des suites d’une leucémie. Le 20 octobre, le tribunal ordonnait à l’État de revoir son évaluation du dossier. Décision dont le ministère a fait appel. (NDLR: appel inhumain!!!)

« Souvent, les victimes répondent aux trois critères définis par la loi : avoir été dans la zone géographique des essais, à la période où ils avaient lieu et souffrir d’un des 21 cancers radio-induits », poursuit Pierre Marhic. « Le problème, c’est l’article 4 de cette loi, qui introduit la notion de risque négligeable. La CIVEN introduit un calcul de probabilité qui rend la causalité nucléaire du cancer faible et qui finit par évincer tout le monde, à mon avis pour des raisons budgétaires. 150 000 personnes, militaires et populations locales, sont potentiellement concernées. »

Cet automne, Manuel Valls reconnaissait que le nombre de victimes indemnisées était faible. Un comité de suivi autour de Marisol Touraine a été mis en place. « Il y a une volonté de dialogue, d’assouplir les conditions. Au-delà, c’est une reconnaissance de la Nation qu’on veut, pas être rejetés comme des fauteurs de trouble. »

L’article original sur «La Voix du Nord»,
Publié le 04/07/2016 PAR SÉBASTIEN LEROY
http://www.lavoixdunord.fr/region/depuis-six-ans-il-tente-d-etre-reconnu-victime-des-ia37b48522n3613694


EN POLYNÉSIE:
BARILLOT VEUT UNE LOI MORIN CALQUÉE SUR LE SYSTÈME AMÉRICAIN

À quelques jours de la présentation de la proposition de décret venant modifier la loi Morin, Brunot Barillot a exprimé sa volonté de voir les conditions d’éligibilité à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français s’inspirer du modèle en vigueur aux États-Unis.

Trois jours après la commémoration des 50 ans du premier des 193 essais nucléaires français opérés sur le fenua, un projet de décret sera présenté à Paris, mercredi, par la ministre des Affaires sociales, lors d’une réunion de la commission consultative de suivi des essais nucléaires. Réunion à laquelle participeront le Président Edouard Fritch mais aussi les présidents d’associations Roland Oldham et père Auguste.

Bruno Barillot, le « monsieur nucléaire » du fenua, a confié à Tahiti Nui Télévision son souhait de voir les conditions d’éligibilité à l’indemnisation des essais nucléaires français calqués américains. « La loi américaine fonctionne sur ce principe de présomption, c’est à dire qu’il faut être atteint d’une des maladies de la liste et avoir été sur les sites ou à proximité des sites, c’est à dire ici, sur l’ensemble de la Polynésie. Dans la mesure où on remplit ces deux conditions, on est éligible pour une indemnisation et il y a une commission qui se réunit pour fixer le montant de l’indemnisation. »

En effet, aux États-Unis, 51% des demandes d’indemnisations des vétérans des essais réalisés dans le Nevada et 80% des demandes formulées par la population riveraine ont abouti, contre à peine 2% en Polynésie.

Concernant le devoir de mémoire, Bruno Barillot, que la rumeur voudrait voir réintégré au poste de délégué polynésien pour le suivi des conséquences des essais nucléaires en Polynésie française, « pense qu’il faudrait qu’il y ait un lieu où toutes les générations polynésiennes puissent s’informer sur ce qui s’est passé pendant la période du CEP [Centre d’expérimentations du Pacifique]. Le déroulement des essais mais aussi ce que vivait la population polynésienne à cette époque. » Il attend de pied ferme la création d’un musée, « Un lieu qui soit digne et qui soit aussi pris en charge par l’État puisque c’est une promesse de François Hollande. »

Les indemnisations en chiffres

En tout le CIVEN a examiné 1043 demandes d’indemnisations dont moins d’une centaine formulées par des polynésiens. Le CIVEN a accordé 20 indemnisations dont 7 pour des Polynésiens. Les autres dossiers ayant été rejetés car les risques engendrés par les essais nucléaires étaient considérés comme «négligeables» .

Chaque année, la France prévoit dans son budget 10 millions d’euros pour l’indemnisation des victimes des essais, mais elle ne débourse que 270 000 euros par an, en moyenne, depuis 2010, soit 2,7% des crédits alloués.

Un article de TNTTV.pf: Rédaction web (interview Thierry Teamo et Mike Leyral)
L’article original : http://www.tntv.pf/Barillot-veut-une-loi-Morin-calquee-sur-le-systeme-americain_a12657.html


Voyez les témoignages rassemblés par l’assemblée de Polynésie française:
http://www.assemblee.pf/_documents/actualites_documents/livret_temoins_bombe.pdf

Le 06 juillet 2016

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Juil 02

46 essais nucléaires atmosphériques en Polynésie. Quelles conséquences sur la santé des populations exposées ?

Cinquante ans après le premier essai nucléaire, quel impact pour les
populations exposées aux retombées radioactives ?

UN COMMUNIQUE de la CRIIRAD

Valence, le 1er Juillet 2016

46 essais nucléaires atmosphériques

Il y a 50 ans, le 2 juillet 1966, la France réalisait une première explosion nucléaire sur l’atoll de Moruroa en Polynésie. Entre 1966 et 1974, la France a réalisé 46 essais nucléaires atmosphériques 1 à Moruroa et Fangataufa. Certains de ces essais ont entrainé des retombées radioactives très importantes sur des îles et atolls habités, à plusieurs centaines de kilomètres des lieux des tirs.

La contamination résiduelle à 500 km de Moruroa

Les bandes de croissance des coraux 2 prélevés par la CRIIRAD dans le lagon de l’île de Mangareva (archipel des Gambier), située à environ 500 km à l’est sud-est de Moruroa, conservent la mémoire des retombées de carbone 14, strontium 90, uranium 236 (isotope artificiel de l’uranium) et plutonium. On détecte toujours ces éléments plusieurs décennies après les retombées, du fait de leur longue période physique.
Heureusement, cinquante ans après les premières retombées, les éléments radioactifs à courte période ont totalement disparu, c’est le cas par exemple de l’iode 131 de période 8 jours. La contamination résiduelle ne conduit plus aujourd’hui à une exposition notable des habitants de l’île. Mais, à l’époque des retombées, la contamination de l’air, puis celle des sols et de la chaîne alimentaire ont entraîné une exposition de la population nettement supérieure aux normes sanitaires.

Une population fortement exposée à l’époque

Des comparaisons effectuées par la CRIIRAD 3 avec les rares données militaires officielles sur les retombées de 1966 à 1974 font apparaître une irradiation importante liée au passage de masses d’air contaminées suite à certains des essais atmosphériques. Le 2 juillet 1966, le niveau de radiation aux Gambier était plus de 1 000 fois supérieur à celui relevé, en France métropolitaine, après le passage du nuage de Tchernobyl.
Les photographies reproduites en annexe montrent que, sur l’île de Mangareva, les militaires étaient protégés des retombées radioactives par un blockhaus en béton armé avec des murs de 60 centimètres d’épaisseur, tandis que les populations n’ont pu s’abriter, et seulement après 1967, que dans un simple « hangar ».

Le dépôt au sol des radionucléides contenus dans l’air a entraîné, à l’époque des essais, une contamination très importante des eaux, des sols et des denrées alimentaires. La radioactivité des eaux de pluie a dépassé par exemple aux Gambier, le 26 septembre 1966, 850 millions de fois le niveau de radioactivité naturel.
Les évaluations de doses conduites par la CRIIRAD en 2006, à partir des rares documents classés rendus publics à l’époque par la revue Damoclès, montent que certaines retombées ont pu conduire à une irradiation externe et interne des populations conduisant à des risques sanitaires non négligeables et dans certains cas inacceptables, au sens des normes de radioprotection internationales (plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de milliSieverts par an).

Ces évaluations montrent que les bilans officiels publiés par la DIRCEN 4 en 1998 (quelques milliSieverts par an au maximum) sous-estiment fortement l’impact radiologique des retombées sur la population. Les évaluations de doses officielles ne prennent pas en compte toutes les retombées, ne tiennent pas compte de la radiosensibilité très élevée des enfants, négligent certains radionucléides comme les isotopes du plutonium, le tritium et le carbone 14 – pourtant présents dans les retombées comme l’ont montré les résultats de la campagne de mesure réalisée en 2005 par la CRIIRAD à Tureia et Mangareva. Ces évaluations officielles ne tiennent pas compte, par ailleurs, des modes de vie réels des populations (ingestion directe des eaux de pluie par exemple).

Cinquante ans après, trop de questions restent sans réponse

L’évaluation de l’impact des essais atmosphériques de 1966 à 1974 sur la santé des populations et des travailleurs exposés nécessitera :

  • 1 / la communication de toutes les archives des militaires et du CEA (notamment du SMSR et du SMCB). Ceci afin de se prononcer sur le niveau de protection des populations et de réaliser des évaluations dosimétriques les plus précises possibles.
  • 2 / la réalisation d’études épidémiologiques indépendantes portant sur les pathologies cancéreuses, mais aussi sur l’ensemble des pathologies non cancéreuses susceptibles d’apparaître chez les personnes exposées et leur descendance.
    Une partie des effets sanitaires induits sur les populations exposées à l’époque, ou sur leurs descendants, a déjà pu se manifester, d’autres pathologies sont à venir. L’évolution des connaissances sur les effets sanitaires des faibles doses de radiation, en particulier lors de contaminations internes (inhalation et ingestion), montre que les cancers ne sont pas les seules pathologies à craindre, il faut y ajouter des conséquences négatives sur le système immunitaire, le système cardio-vasculaire, le système nerveux ou le système digestif, ainsi que les instabilités du génome, etc….
  • 3 / le lancement d’études biologiques spécifiques sur les personnes exposées (enregistrement des anomalies chromosomiques, dosimétrie biologique, etc..).

Sur tous ces aspects, il est indispensable que soit mis en œuvre un comité de pilotage regroupant des spécialistes de l’ensemble des disciplines concernées ainsi que des représentants des populations, anciens travailleurs et élus. Les populations exposées ont le droit de savoir et d’être indemnisées en conséquence.

Rédaction : Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire, directeur du laboratoire de la CRIIRAD


1.Dont 5 tirs de sécurité
2.Rapport CRIIRAD N°13-24 : Expertise radiologique sur les coraux du lagon des Gambier (Polynésie Française) / Mai 2013. Etude
réalisée par le laboratoire de la CRIIRAD à la demande de la Délégation pour le suivi des Conséquences des Essais Nucléaires
(DSCEN).
3. http://www.criirad.org/actualites/dossiers2006/polynesie/sompolynesie.html
4. Direction des centres d’expérimentations nucléaires


carte de polynésie
Localisation des atolls de Moruroa, Fangataufa (sites des essais nucléaires) et de Mangareva (Gambier).


prélèvement d'une coupe sur une "patate"
Photographies de la mission CRIIRAD de 2012 à Mangareva (Gambier) / échantillonnage de coraux


le hangar pour la population
Photographies de la mission CRIIRAD de 2005 à Mangareva (Gambier).
Hangar servant d’abri pour la population lors des retombées radioactives à Rikitea (Mangareva) construit après 1967
(photographie remise par monsieur Daniel Teakarotu)


mesures sur les écoulements des eaux de pluie
Contrôles radiamétriques le long de l’ancien caniveau de récupération des eaux du toit du hangar destiné à protéger la population à Rikitea (Mangareva). CRIIRAD (octobre 2005)


le blockhaus pour les officiels
Contrôles radiamétriques au voisinage de l’ancien blockhaus destiné à protéger les militaires des retombées radioactives à Mangareva. L’épaisseur des murs est de 60 centimètres (CRIIRAD, octobre 2005)


D’autres photos et les dossiers concernant les essais en Polynésie sont visibles sur le site de la CRIIRAD: http://www.criirad.org/actualites/dossiers2006/polynesie/sompolynesie.html

La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité – est née en mai 1986, au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, à l’initiative d’un groupe de citoyens révoltés par les mensonges officiels et qui souhaitaient connaître la vérité sur la contamination réelle du territoire français. La CRIIRAD est une association… Elle possède son propre laboratoire d’analyses.
Indépendante de l’Etat, des exploitants du nucléaire et de tout parti politique, la CRIIRAD existe grâce au soutien moral et financier de quelques milliers d’adhérents.
Elle mène ses propres investigations, informe le public et les médias. Si nécessaire, elle interpelle les responsables et les pouvoirs publics, engage des actions en justice et contribue ainsi à faire évoluer la règlementation en vigueur.
http://www.criirad.org
29 cours Manuel de Falla / 26000 Valence / France

Le communiqué ci-dessus et les photos ont été reproduits avec l’aimable autorisation de la CRIIRAD

Le 02 juillet 2016

L’information en français sur Fukushima:
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Juin 24

Les maladies radio-induites « négligeables », un nouveau paradigme

Dr. ABRAHAM BEHAR
Président de l’AMFPGN
Ex président de l’IPPNW

Jusqu’en 2006, la bataille a fait rage dans la communauté scientifique pour faire admettre la notion de “faibles doses“. Celle-ci fut soit rejetée par les partisans d’un seuil d’efficacité biologique, soit reliée aux effets des rayonnements ionisants en dessous de 500 mSv, ce qui retirait toute singularité puisque les effets tangibles sur la santé étaient identiques avec celles des fortes doses, la gravité en moins.

Dans un premier temps le seuil est redescendu à 100 mSv. Même si la majorité des experts avaient accepté une limite “admissible“ en radioprotection (soit 1 mSv pour la population) les nucléaristes restaient fermes sur ce qui leur paraissaient une évidence : pas de maladies radio induites en dessous du seuil  fatidique de 100 mSv.

La contestation de ce dogme, menée par des radiobiologistes (comme votre serviteur) et par une partie de la société civile a eu pendant longtemps uniquement des arguments épidémiologiques confirmant des effets délétères des rayonnements ionisants bien en dessous des 100 mSv, jusqu’à 10 mSv dans certains cas. Si très tôt on a compris que la genèse des cancers était multifactorielle, cette caractéristique a surtout servi à masquer la part de la radioactivité dans ce processus.

La bascule, du moins dans les esprits, s’est faite avec le rapport de l’UNSCEAR (agence de l’ONU pour la radioprotection) de 2006 (1) confirmé par celui de 2012 sur “ les mécanismes biologiques des effets des radiations aux faibles doses“ (2).

    Ce rapport allait confirmer :

  • La reconnaissance officielle d’une différence majeure entre fortes et faibles doses, avec un lien sur les effets non ciblés.
  • L’existence d’une nouvelle radiobiologie radicalement différente de l’ancienne
  • L’acceptation (prudente) d’un début de modèle biologique pour expliquer les lésions non ciblées. (3)
  • La reconnaissance d’un support biologique aux groupes humains à risque : l’épi génétique, c’est à dire l’ensemble des événements environnementaux susceptibles de modifier le génome.

Cela n’a pas suffit pour faire changer d’avis les tenants de la limite à 100 mSv, mais une brèche s’est ouverte au sein du groupe des experts en radioprotection : Un certain nombre ont accepté l’idée de la réalité du modèle linéaire sans seuil, non plus comme précaution administrative, mais comme une réalité.
Cela rétablissait la cohérence avec les dernières études épidémiologiques (4) avec des valeurs de doses cumulées très inférieures au 100 mSv.
Par exemple, l’étude portant sur les travailleurs de 3 pays (USA, GB et France) appelée INWORKS. On a étudié une population de 8,22 millions de “sujet/année“ correspondant à 308 297 travailleurs. La dose cumulée moyenne est de 16 mGy, avec une dose moyenne annuelle de 1,1 mGy. Même si on traduit un milli Gray (mGy) par un milli Sievert (mSv) on est loin des 100 mSv exigés pour avoir un effet !

Nous avons déjà expliqué ce que signifie «l’excès de risque relatif» ERR (5), rappelons qu’il est très significatif au delà de 1.

    On a,
  • pour les leucémies myéloïdes chroniques recensées un ERR de 10,45
  • pour les leucémies aigues lymphoblastiques : ERR= 5,80
  • Pour la maladie de Hodgkin, ERR= 2,54
  • et pour les lymphomes non Hodgkinien ERR=0,47
  • tout cela avec un dose cumulée moyenne de 16 mGy.

Alors, dans le milieu spécialisé s’est posée très vite la question : comment construire une nouvelle digue contre la reconnaissance des effets biologiques non ciblés, singulièrement aux faibles doses ? Il y avait urgence compte tenue des retombées financières.

LA NOUVELLE FRONTIÈRE POUR LES FAIBLES DOSES : LES MALADIES RADIO INDUITES “NEGLIGEABLES“
Négligeable, du verbe négliger vient du latin negligere c’est à dire stricto sensu : ne pas en tenir compte. Donc le qualificatif négligeable s’applique à tout ce qui est susceptible de n’être pas pris en compte.
On utilise depuis longtemps en statistique cette notion quand une mesure oscille autour d’une valeur centrale et qu’il faut déterminer un “intervalle de confiance“ :

courbe de Gauss

Si on choisit un intervalle de confiance de 99% de part et d’autre de la moyenne, cela ne veut pas dire que les valeurs mesurées au delà de 1% n’existent pas, mais on accepte de ne pas en tenir compte, c’est la loi de GAUSS dite normale. Exemple, si un objet pesant une tonne en moyenne sur une balance, est il raisonnable de tenir compte des variations de l’ordre du gramme, même du kilo,  en plus ou en moins?

    Pour les faibles doses, le glissement va se faire en plusieurs étapes :

  • 1- Contrairement aux principes fondamentaux de la statistique, on va mesurer la probabilité de “causalité“ non pas pour une population, mais pour un individu précis : alors que devant une réalité d’un effet (ici un cancer) c’est la loi du tout ou rien qui s’applique.
  • 2- Pour ce faire on va utiliser un logiciel américain (abandonné aux USA pour les vétérans) le NIOSH IREP (6) qui mixte des données multiples mais en fait qui embrouille une seule donnée décisive, la dose évaluée pour cet individu, avec une seule hypothèse : la probabilité de causalité. Si celle-ci est inférieure à 1% du calcul global fait à partir d’une population de référence (l’étude LLS sur la mortalité dans une cohorte de survivants d’Hiroshima et Nagasaki), on ne dit pas explicitement que le patient n’est pas atteint d’une maladie radio induite, mais qu’il se situe en dessous du seuil de 1%. Donc la prise en compte de sa pathologie comme étant radio induite n’est pas possible, donc le lien entre son exposition (bien réelle) et sa maladie pourtant inscrite dans un tableau, n’existe pas, ou plus exactement “qu’il est négligeable“ !
  • 3- Par extension, et en conformité avec le modèle linéaire sans seuil qui cesse d’être une précaution et devient un reflet de la réalité, on ne nie plus la survenue des maladies radio induites aux faibles doses, (y compris en dessous de 50 mSv de dose engagée cumulative), mais on les déclare négligeables.

QUE PEUT ON FAIRE DEVANT CE NOUVEAU FRONT DU REFUS ?

1Retourner au socle initial de l’épidémiologie d’une population en montrant l’ineptie de cette règle de 1% qui est ici appliquée uniquement sur les valeurs basses de la relation dose/effet.
Si, dans la probabilité de survenue d’une pathologie dans la population française on appliquait cette règle de 1% cela donnerait le résultat suivant : pour 65 millions d’habitants, la survenue certaine de 650 000 cas par an, est-ce acceptable? quand on voit la mobilisation générale (le téléthon) pour des maladies dont la probabilité de survenue est inférieure à un millionième soit 65 cas par an, cette morbidité a-t-on le droit de la proclamer « négligeable » ?

2 Démonter la supercherie des logiciels.
Pour NIOSH IREP utilisé pour exclure 97% des vétérans des essais nucléaires du droit à l’indemnisation, il nous revient de revenir sans cesse aux défauts de ce système en parti reconnus par les concepteurs de celui-ci :

  • a- Il s’appuie sur la mortalité des survivants japonais exposés en 1945 (à Hiroshima et Nagasaki) pour l’appliquer à la MORBIDITÉ y compris pour des travailleurs d’une population différente exposés pendant leur durée du travail. Or, aujourd’hui un cancer sur deux est guéri, avec une grande inhomogénéité alors que le logiciel tend à les évaluer en moyenne et en confondant en plus mortalité et morbidité.
  • b- Les manipulations des doses proposées par le logiciel reposent quasi uniquement sur une évaluation plus ou moins fantaisiste de la dose effectivement reçue mais non mesurée dans la plupart des cas. Le flou artistique à l’entrée dans NIOSH IREP se retrouve inéluctablement à la sortie.
  • c- Même si la version corrigée actuelle de ce logiciel tient compte des objections de la communauté scientifique et est donc plus réaliste, tout se passe comme si rien n’existe en dessous de 50 mSv (sauf pour les leucémies) ce qui est en contradiction avec les données épidémiologiques.
  • d- L’évaluation des doses liées à la contamination interne est encore plus discutable, l’interprétation par le logiciel aggrave encore cette sous estimation.
  • e- La nature du dépôt d’énergie dans les organes humains est mal prise en compte en particulier pour les neutrons, et pourtant pour les explosions atomiques et encore plus, pour les travailleurs exposés, ce n’est pas négligeable (environ 10% dans la cohorte des travailleurs du nucléaire).

3 SURTOUT PROMOUVOIR LE MODÈLE DIT DU “SYSTÈME BIOLOGIQUE“ (3) certes plus complexe mais qui intègre convenablement le caractère spécifique des faibles doses dans le cadre général du détriment des rayons ionisants sur la santé. Il y a en effet un monde entre nos anciennes conceptions en radiobiologie schématisée ici avec une mutation première de l’ADN des cellules irradiées puis une deuxième mutation secondaire pour aboutir de façon aléatoire au cancer (le terme utilisé étant un effet “stochastique“ opposé à l’effet “ déterministe“ strictement lié à la dose). Dans le nouveau modèle biologique, il y a bien une mutation première éventuellement tardive, mais c’est un deuxième événement qui est décisif.

Schéma Genèse des cancers

QUELLES SONT NOS TÂCHES POUR NOUS AMFPGN ?

Avec l’IPPNW, et en tant que praticiens de la santé, nous avons comme matière principale les conséquences humanitaires de la menace nucléaire et donc en priorité les conséquences sur la santé publique. Se battre dans toutes les instances scientifiques pour faire admettre la pertinence du système biologique, cohérente avec notre expérience médicale, reste crucial. Nous l’avons fait dans le passé pour la reconnaissance des effets sur la santé publique des faibles doses, nous devons le faire contre ce nouveau révisionnisme avec cette conception de ce qui est “négligeable“.
Mais pour nous en France il y a une urgence spécifique, celle des vétérans des essais nucléaires régulièrement grugés par cette mécanique du 1%, dénoncée partout, y compris dans la commission des droits de l’Homme de l’ONU ( voir l’éditorial de Françoise Ducloux dans le dernier numéro de MGN). Il s’agit d’une bataille politique au bon sens du terme qu’il faut mener avec les parlementaires favorables à la loi sur l’indemnisation et avec les ministres, comme celle de la santé, qui ont soutenu le bon droit des vétérans porté en particulier par l’AVEN.
L’AMFPGN ne se dérobera pas à cette exigence majeure.

Dr. ABRAHAM BEHAR

BIBLIOGRAPHIE
1- IRSN, Synthèse des rapports de l’UNSCEAR, Ed doc référence, septembre 2006
2- UNSCEAR (United nations committee on the effects of atomic radiation), Biological mechanisms of radiation actions at low doses, 2012
3- A.BEHAR, la radiobiologie a changé de base, CR. AC.ROY MED Belgique, 163, N°3-4,133/143p, 2008
4- KIERVI LEURAUD, DS RICHARDSON, E CARDIS et al, Ionising radiation and risk of death from leukemia and lymphoma in radiation monitored workers (INWORKS), THE LANCET HEM.2, 276/281p, juillet 2015
5- A.BEHAR quelles pratiques en zone contaminée (glossaire) MGN, 30,N°1, 13/15p, 2015
6- A.BEHAR, la loi d’indemnisation, miroir aux alouettes pour les vétérans des essais nucléaires, MGN, 26, N°4, 4/8p, 2011


Notes

J’ai reproduit ci-dessus le texte original intégral, avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Le texte origine se trouve sur le site de l’ AMFPGN: Association des Médecins Français pour la prévention de la Guerre Nucléaire.- http://amfpgn.org/

L’AMFPGN est la branche française de l’ IPPNW International.
l’IPPNW a publié avec l’association américaine PSR un rapport sur la situation sanitaire à Fukushima 5 ans après la triple fusion nucléaire.
Vous pouvez trouver la version française:
ICI: http://www.vivre-apres-fukushima.fr/gm-documents/Ippnw-fukushima-report-FRa.pdf
et LÀ: http://tinyurl.com/zzmazqj

Qu’est l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire. Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son «important et compétent travail d’information», qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë.
L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.
Le site de l’IPPNW: http://ippnw.org/

Le site de la section française:
Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/

Le PSR: « Physicians for Social Responsability » est une association américaine de médecins qui milite pour que cessent toutes sortes de pollutions : le nucléaire, les gaz de schiste etc…
Le site du PSR: http://www.psr.org/

L’AVEN, Association des Vétérans des Essais Nucléaires Français et leurs familles
a pour but de soutenir la cause de tous les Vétérans et, particulièrement, ceux porteurs de maladies radio-induites, en intervenant auprès des autorités administratives et judiciaires pour obtenir :

  • 1 – Le recensement des personnels civils et militaires qui ont travaillé aux Centres d’Expérimentation du Sahara et du Pacifique;
  • 2 – L’accès aux dossiers médicaux militaires des personnels des essais ;
  • 3 – La présomption d’origine des maladies radio-induites ;
  • 4 – Une Commission du suivi des essais nucléaires ;
  • 5 – Un fonds d’indemnisation des victimes civiles et militaires des essais nucléaires
  • 6 – Un droit à pension pour les personnels civils et militaires et leurs ayants droit
  • 7 – La reconnaissance de la nation

Le 24 juin 2016

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Juin 10

Catastrophes nucléaires et « normalisation » des zones contaminées

Enjeux politiques, économiques, sanitaires, démocratiques et éthiques

Le lobby nucléaire commence à affirmer ouvertement que l’évacuation des populations concernées par un accident nucléaire majeur coûte trop cher, est source de tas d’embêtements, d’accidents, de désespoir des familles, de ruine de l’économie locale.
Pour quelques cancers supplémentaires il ne vaudrait pas la peine d’imposer cela aux populations.

Sezin Topçu analyse cette question dans un article paru sur le site de la «Fondation pour l’Ecologie Politique».

Sezin TOPÇU est Docteure en sociologie des sciences et des techniques, elle est chargée de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et enseigne à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Elle est l’auteure de «La France nucléaire. L’art de gouverner une technologie contestée» (Le Seuil, 2013) et a ­codirigé l’ouvrage «Une autre histoire des Trente Glorieuses. Modernisation,contestations et pollutions dans la France d’après-guerre» (avec Christophe Bonneuil et Céline Pessis, La Découverte 2013).


Voici l’introduction de son analyse:

La minimisation des impacts catastrophiques d’un accident nucléaire est en passe de devenir un grand classique de notre temps, et ce non seulement dans les pays où la présence d’installations nucléaires est importante, comme la France, ou dans les pays ayant déjà subi un accident, comme le Japon ou la Biélorussie, mais également dans les pays qui en sont dépourvus. Cette minimisation, qui semble s’imposer avec force, relève de la capacité de « résilience » des nucléaristes, c’est-à-dire des industriels, des Etats nucléaires, ainsi que de certaines instances de régulation, nationales comme internationales.

Comment les nucléaristes ont-ils réussi à banaliser le mal radioactif à ce point ? Par quels moyens, stratégies et mots d’ordres les instances gouvernantes sont parvenues à formuler le problème en termes de modalités d’évacuation, voire de sa légitimité, alors qu’on devrait plutôt discuter collectivement de la légitimité à continuer à faire usage d’installations qui ont un potentiel de transformation et de destruction inégalé sur les territoires, les ressources naturelles, les espèces vivantes, et les corps humains?
En partant de ces questions, la présente note souhaite contribuer à l’avènement d’un débat politique et citoyen, qui n’a que trop tardé, autour de la problématique des territoires contaminés en cas d’accident nucléaire.

Three Mile Island ? Les responsables nucléaires français n’y virent dans l’immédiat qu’un « incident » ou un « pépin ». Tchernobyl ? En 1996 encore, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne comptabilisait que 32 morts. Fukushima ? La catastrophe a paradoxalement accéléré l’offensive de l’industrie nucléaire japonaise en matière d’exportations. Nul autre secteur ne provoque, en cas d’accident, de controverses aussi vives et permanentes (avec des expertises, preuves/non-preuves, observations, et évaluations aussi contrastées et antinomiques), sur les impacts sanitaires dont souffrent les ­populations victimes.

Au delà des conséquences très graves sur la santé des populations, dont la démonstration ou la reconnaissance sont rendues difficiles en raison du temps de latence que nécessitent les maladies radio-induites pour se manifester, mais aussi du secret ou de la fabrique active d’ignorance qui souvent les entourent, un accident nucléaire signifie également le sacrifice de territoires tout entiers.
L’enjeu pour les nucléaristes, depuis les années 1990 du moins, consiste en effet à minimiser ce sacrifice aux yeux de l’opinion publique. A faire en sorte que le renoncement aux terres n’ait pas lieu, ou n’ait lieu que de façon seulement provisoire. A instrumentaliser, pour cela, la souffrance, certes bien réelle mais aucunement singulière, des évacués pour faire croire que ceux qui restent sur leurs terres, quand bien même elles n’offriraient plus de conditions de vie suffisamment saines, ne souffriraient de rien. A prétendre qu’on peut très bien « apprendre à vivre » avec la radioactivité ambiante.

La première partie de cette note retrace la genèse des débats d’experts, des arrangements juridiques et des outils managériaux relatifs à la gestion des territoires contaminés. Il s’agit ici de rappeler le fait que le caractère ingérable des dégâts provoqués par un accident nucléaire majeur a été reconnu par les experts du nucléaire dès les années 1950, ce qui a historiquement conditionné la doctrine, aujourd’hui dominante, selon laquelle les mesures post-accidentelles (dont l’abandon des zones contaminées) seront nécessairement limitées, voire devraient être optimisées.

La deuxième partie de la note se penche sur la manière dont les territoires contaminés ont été effectivement pris en charge dans l’après-Tchernobyl et l’après-Fukushima. Les critères socio-économiques et géo-politiques qui influent sur la manière de concevoir l’avenir des zones évacuées, leurs statuts, et leur impossible «retour à la normale» sont ici analysés.

La dernière partie de la note insiste sur l’importance des stratégies officielles visant à psychologiser les catastrophes en vue de minimiser l’abandon des terres contaminées, mais aussi de pousser au second plan la perspective d’une évaluation équitable des dégâts sanitaires engendrés en cas d’accident.

Pour lire la totalité de l’article:
Le Télécharger en pdf (400Ko)
Le consulter sur le site de la FEP

Le site de la Fondation pour l’Écologie politique: http://www.fondationecolo.org/

Note:

Nous voilà avertis: lors du prochain accident nucléaire, nous serons fermement invités à rester ou retourner vivre sur les territoires contaminés.

Le 10 Juin 2016

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Juin 05

Frankushima: un essai graphique sur la catastrophe de Fukushima et le risque nucléaire en France

Géraud Boumet, illustrateur de formation scientifique,
publie en mars 2016 son livre « Franckushima »,
qui mêle BD, illustrations, cartes, témoignages, articles

S’appuyant sur deux ans de recherches et un réseau de contributeurs, « Franckushima » aborde la catastrophe de Fukushima et ses multiples facettes de façon très complète, et traite en filigrane la question du risque nucléaire en France.

Les chapitres:

Préface:
«N’oubliez pas Fukushima»

11 mars 2011:
Début d’une longue réaction en chaîne

Contamination:
Aperçu des retombées radioactives sur le territoire japonais et dans l’océan Pacifique.

evacs300

(Non) évacuation des territoires contaminés:
Comment s’est déroulée l’évacuation des populations juste après l’accident ? retour sur la gestion de crise par le biais de nombreux témoignages

Restés dans la zone interdite
Malgré l’ordre d’évacuer, des personnes ont continué à vivre dans la zone interdite/ Rencontre avec quelques unes d’entr’elles

L’impossible décontamination ou l’arnaque de la décontamination:
Depuis 2011, les opérations de décontamination se succèdent. Cette décontamination est-elle efficace ? comment est-elle vécue par les populations ?

décontamination

Retour en zones contaminées:
Apprendre à vivre avec la contamination serait-elle la seule issue proposée par les autorités ? Comment ont été gérées les réouvertures de zones ?

Qu’est-ce que la radioactivité ? Quels sont ses effets ?
Notions de base sur la radioactivité, effets des radiations sur l’organisme et risque «acceptable»

Tchernobyl: 30 ans de déni
Trente ans après cette catastrophe majeure, comparons le bilan sanitaire officiel et les principales conclusions d’études indépendantes

Tout va bien !
Conséquences sanitaires, des points de vue (très) divergents. Des médecins et des habitants livrent leurs points de vue sur les conséquences sanitaires de l’accident.

Freeter300

Initiatives citoyennes
La société civile japonaise s’est largement mobilisée depuis mars 2011 quels combats ? quels enjeux ?

Dans l’enfer de la centrale
Que se passe-t-il à la centrale depuis 5 ans ? Des travailleurs témoignent.

Demain, un accident chez nous ?
En France le risque nucléaire est désormais admis. Que prévoient les plans d’urgence ? Sommes-nous prêts à faire face ?


256 pages couleur, format 21 x 27,6 cm ISBN : 978-2-9555634-0-3
http://franckushima.com/
–Se procurer l’ouvrage chez l’auteur:
Envoyez un chèque à l’ordre de Lutopiquant édition, en mentionnant vos coordonnées :
Lutopiquant édition 17 route de Revel 38420 Domène
– 20€ : à retirer sur Grenoble (à l’atelier ou lors d’événements à venir)

– 26€: livré en France (20€ pour le livre + 6€ de frais de port)
– 28€ : livré à l’étranger (20€ pour le livre + 8€ de frais de port)

–Commander sur le site de « sortir du nucléaire » : cliquer ici

silence !

Le 5 juin 2016

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Juin 02

Le rapport des médecins de l’IPPNW/PSR sur Fukushima-5 ans disponible en français

C’est une synthèse des conséquences à 5 ans de l’accident de Fukushima dont vous avez déjà pu lire des extraits sur « vivre-apres-fukushima » ces dernières semaines.

Vous pouvez maintenant télécharger la version française complète ici ou ICI

la page 1

Les chapitres:

  • 1. Le début de la catastrophe nucléaire
  • 2. Emissions et contamination radioactives
    • 2. 1. Rejets dans l’atmosphère
    • 2. 2. Rejets dans l’océan Pacifique
    • 2. 3. Contamination radioactive des denrées alimentaires
  • 3. Conséquences de la catastrophe nucléaire sur la santé humaine
    • 3. 1. Effets sur la santé des personnes exposées professionnellement
    • 3. 2. Effets sur la santé du public
  • 4. Les tests thyroïdiens dans la préfecture de Fukushima
    • 4. 1. Dépistage préliminaire de base
    • 4. 2. Dépistage à grande échelle
    • 4. 3. Les dépistages thyroïdiens, synthèse
  • 5. Conséquences de la catastrophe nucléaire sur le biote non humain
  • 6. Perspectives
  • 7. Recommandations de l’IPPNW et de PSR

Qu’est l’IPPNW ?

L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (en anglais : International Physicians for the Prevention of Nuclear War, IPPNW), est une organisation internationale pacifiste de médecins qui s’engagent pour le désarmement nucléaire. Créée en 1980, l’organisation obtient le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1984 et le prix Nobel de la Paix en 1985 pour son « important et compétent travail d’information », qui améliora la conscience mondiale sur les conséquences d’une guerre nucléaire et syndrome d’irradiation aiguë.
L’organisation regroupe près de 150 000 membres dans plus de 50 pays.
Le site de l’IPPNW: http://www.ippnw.eu/fr/accueil.html

Le site de la section française:
Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire
http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/

Le PSR: « Physicians for Social Responsability » est une association américaine de médecins qui milite pour que cessent toutes sortes de pollutions : le nucléaire, les gaz de schiste etc…
Le site du PSR: http://www.psr.org/

Le 2 juin 2016